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Ça rocke à Montréal!
Par Pierre Boudreau
Même avant d’entrer à la SAT en ce 30 janvier 2008, on pouvait sentir qu’il y avait de la musique dans l’air… Pas une petite musique de fond discrète : ce soir-là, la musique allait être la vedette principale. Tandis que le lounge de la SAT est habituellement utilisé pour jaser et prendre un verre, il était soudainement transformé en local de jam avec une station de Rock Band. Derrière le quatuor qui jouait, on pouvait voir s’aligner des groupes de quatre personnes attendant, eux aussi, leurs cinq minutes de gloire. Au-delà du lounge, on pouvait apercevoir deux stations pour Guitar Hero, où les guitaristes pleins d’espoir se faisaient furieusement aller les doigts en préparation à une finale digne d’un show rock.
C’est Chris Crowel, notre
Godfather of Soul, qui a inspiré cet événement quand il s’est
demandé : « Pourquoi ne pas organiser une soirée où les membres de
la communauté du jeu vidéo viendraient jouer ensemble? » Avec
la sortie récente des jeux Rock Band et Guitar Hero III:
Legends of Rock, cette idée a tranquillement fait son chemin et
a abouti en une soirée thématique. De plus, nous avons eu la chance
de mettre la main sur Rob Kay, le concepteur principal de Rock Band,
qui a fait bénéficier l’audience de son expérience en béton...
ainsi que de merveilleux cadeaux.
Rob Kay a été longtemps une
force motrice derrière Harmonix et la série Guitar Hero. Rob
joue de la batterie depuis qu’il a huit ans et il n’a jamais abandonné
ses rêves de star du rock. Au contraire, il s’est efforcé de rendre
accessible le don de la musique à l’ensemble d’entre nous, simples
mortels.
Ce soir-là, Rob s’est assis
avec Jason Della Rocca pour procéder à ce qui ressemble plus à une
session de questions et réponses qu’à une entrevue formelle….
Alors donc, peux-tu nous
faire un petit historique sur Harmonix?
Deux finissants du MIT [Alex
Rigopulos et Eran Egozy]
ont fondé Harmonix il y a douze ans. L’idée de départ était de
rendre l’expérience musicale accessible au grand public à travers
la technologie. Même si la compagnie a reçu quelques critiques positives
sur des projets comme « Frequency » (2001) et un succès commercial
avec « Karaoke Revolution » (2003), c’est vraiment le jeu « Guitar
Hero » (2005) qui a marqué la psyché populaire. En 2006, Harmonix
a été acquise par MTV qui a eu la brillance d’esprit de garder une
distance avec l’équipe de design. Ils ont offert une suite au jeu,
mais à ce moment, quand fut venu le temps de créer Guitar Hero
III, Harmonix était heureuse de passer la torche à Activision.
L’équipe d’Harmonix était en train d’amorcer l’étape logique
qui allait suivre : le jeu Rock Band (2007).
Quel est le joueur cible
de Rock Band?
Le Guitar Hero original
a vendu à peu près 1,5 million d’exemplaires à lui seul.
Ces jeux couvrent une base démographique de joueurs et de fans de musique,
même si la musique joue un plus un plus grand rôle que le gameplay
comme tel.
Est-ce que ce type de jeu
rejoint le public à l’international?
Ce type de jeu se vend bien
en Amérique du Nord et en Europe, mais pour l’instant, ne perce pas
vraiment le marché asiatique.
Quels étaient les défis
techniques de la conception du jeu?
Du côté du design, il a fallu
de la discipline pour ne pas s’emballer et ajouter tout plein de fonctions...
L’important était de rester concentré sur la clé du succès du
jeu : le fantasme d’être un dieu du rock.
Ces jeux consistent à réussir
des notes qui défilent à l’écran. À quel nouveau type d’expérience
de jeu pouvons-nous nous attendre dans un futur proche?
Harmonix met beaucoup d’efforts
à introduire davantage de créativité dans ses futurs projets.
Du côté des choix musicaux,
quelles ont été les différences marquantes
entre GH I, II et III?
Chaque incarnation du jeu a
été célébrée comme étant une expérience de rock and roll, et
nous avons continué dans cette lignée. Si ça marche bien, pourquoi
changer une bonne idée?!
Est-ce que
Harmonix est inquiète qu’il arrive une « application phare » (killer
app) qui permettrait d’importer des MP3, de créer des listes de
chansons et d’essentiellement créer
sa propre version de GH?
Pas du tout. Les contraintes
techniques liées à la synchronisation des chansons avec les mécaniques
du jeu limiteraient l’étendue de ces modifications. De plus, Harmonix
est toujours ouverte à de nouvelles opportunités à accroître la
créativité musicale.
As-tu quelques potins
croustillants sur des vedettes du rock?!
Non. C’est les services du
marketing et des relations publiques qui vont aux conférences de presse
avec les vedettes... pendant que les concepteurs travaillent en catimini.
Y a-t-il un intérêt à
exploiter un autre style musical, le
hip hop par exemple?
C’est surtout le manque de
temps qui restreint l’étendue des styles musicaux. Mais si quelqu’un
arrivait avec un autre genre, la gang chez Harmonix serait la première
à l’essayer.
Quelles étaient les
priorités lors des sélections musicales dans
Rock Band?
Deux principes ont prévalu
pour chaque chanson : 1) Il faut que ça « rocke ». 2) Ça doit être
une « représentation complète d’un groupe ».
Parle-nous de la transition
vers RB?
Puisque la guitare et les éléments
vocaux avaient déjà été bien travaillés sur Guitar
Hero et Karaoke Revolution, le plus gros défi était la mécanique
de la batterie. L’équipe a donc acheté un set de batterie, l’a
démonté et a commencé à construire un prototype. Après de sérieux
tests de terrain (chez Harmonix, la plupart des concepteurs sont des
musiciens actifs), une mécanique a émergé : quelque chose entre un
élément de percussion jouable et le jeu d’un vrai batteur.
Quelle est l’opinion d’Harmonix
sur le placement de produits dans ses jeux?
Si des sociétés qui peuvent
bonifier l’effet d’être une rock star, comme Fender ou Gibson,
veulent se joindre à nous, c’est tant mieux.
Avez-vous des problèmes
juridiques ou autres avec Konami au sujet du développement
ou de l’édition de jeux musicaux qui se ressemblent?
Non. Harmonix a travaillé
avec Konami sur on Karaoke Revolution et a toujours entretenu
de cordiales relations depuis.
Comme la session de questions
tirait à sa fin, les joueurs-guitaristes se sont emparé de leur instrument.
Les virtuoses se sont mis deux par deux et ont commencé les duels qui
allaient mener à la grande finale : en quête de la gloire... et du
grand prix! (Une console Xbox 360 et les jeux RB et GH III:
LoR). Dans l’heure qui a suivi, la salle s’est remplie d’enchaînements
et de frénésie alors que les joueurs s’évertuaient avec le plus
grand sérieux. À la fin, le duel final s’est composé de JF Gauthier,
de chez A2M, et de Vincent Messier. La tension a monté dans cette série
« 2 de 3 » dans laquelle les finalistes devaient aller chercher l’appréciation
de la foule, en plus de performer à la guitare. Au 3e duel,
sur la décisive One de Metallica, c’est Vincent Messier qui
a été couronné dieu du rock.
Au risque de sonner comme un
cliché, on peut quand même dire que la soirée a « rocké » en masse.
De gros mercis à Rob, à Chris
et, par-dessus tout, à la musique.
Photos!

Rob Kay donne un coup de main pour monter la station Rock Band.

Guillaume Voghel (HEC) et un inconnu en train de jouer.

Deux participants qui jouent chacun leur tour.

Le plus sérieusement possible, Eric Le et Ben Miller (de chez Ubi) jouent avec leurs propres guitares.

Simon Sicuro et Frédéric Hamel en pleine compétition pour la 3e place.

JF Gauthier (A2M) contre Vincent Messier dans les compétitions finales.

Vincent et JF en pleine action sur Dragonforce!

Tout plein de plaisir à jouer à Rock Band.

Michael Hawker rapporte chez lui un super prix de participation, avec l’aide d’Alexandre Denault (McGill) et Rob Kay.
Posted by ChristinaReinards on February 18, 2008 06:59 PM












